L’éducation n’est pas une unité d’affaires dans une entreprise.
Dans tout le débat sur les frais de scolarité des dernières semaines, j’ai le sentiment qu’on passe à côté de quelque chose. Le gouvernement parle de faire payer leur juste part aux étudiants. Les étudiants parlent du rendement supérieur en impôts d’une personne avec un diplôme. Des deux côtés, on ne s’écoute pas : on planche à faire valoir la rentabilité de sa solution.
Ce n’est pas le bon débat.
Le coût de l’éducation, ce n’est pas une question de rentabilité. Ce n’est pas une question d’impôts payés par les détenteurs d’un bacc en philosophie au lieu d’en administration des affaires. Ce débat-là est une œillère à la vraie question.
Le financement de l’éducation, c’est une question de valeur.
Ça n’a rien à voir avec l’argent. Avec combien ça coûte.
Si transposait l’idée en santé, le débat ne serait même pas permis. Est-ce qu’on va se mettre à débattre qui est plus rentable pour la société, un cancéreux ou un diabétique? Non, en matière de santé, on a choisi comme société que tous nos citoyens auraient droit à des soins de santé, peu importe leur condition financière.
Alors pourquoi est-ce que l’éducation serait différente? Pourquoi est-ce que l’éducation devrait être rentable? C’est n’est pas un placement financier, encore moins une ligne de produit d’une entreprise. Avant tout, c’est un choix, une valeur de notre société québécoise, qui motive l’accès à l’éducation, qu’elle soit secondaire, collégiale, universitaire ou technique.
Ce n’est pas une question d’argent.
La santé prend presque deux fois plus de place dans le budget du gouvernement québécois que l’éducation (29MM VS 16MM). Pour les universités et Cégeps, le gouvernement dépense moins par année que le service de la dette (5MM VS 8MM, la source est ici).
Comme société, on veut quoi?
C’est ça la vraie question. C’est quoi la valeur de l’éducation dans notre société québécoise? C’est quoi l’importance d’offrir à tous nos citoyens l’accès à une éducation supérieure, pour nous les québécois?
À mon avis, si on réduit la conversation à une question de dollars, on ne répond pas à la question.

